Des fées sur glace

Fairy Friday

Dernier vendredi du mois, vous savez ce que ça signifie ? Le retour du vendredi féérique ! Et pour clore Fée-vrier, le mois le plus féérique, j’ai trouvé mon inspiration durant les Jeux Olympiques.

Honnêtement, je ne pense pas que le lien entre ce sujet et les fées me serait venu en tête si ce n’étaient de la période et de mon visionnement attentif de ces récents Jeux. Entre le titre de ce billet et cette référence, avez-vous deviné le sujet que j’ai choisi ? Je vous laisse un petit moment pour réfléchir.

Photo de Susanne Jutzeler, suju-foto :
https://www.pexels.com/fr-fr/photo/jeune-fille-etre-assis-jouet-jouets-14845711/

Dans les épreuves Olympiques d’hiver que j’aime suivre depuis toute jeune, figure le patinage artistique. J’aime beaucoup les costumes colorés, vaporeux, scintillants et puis, les sauts, les pirouettes et les chorégraphies tous plus époustouflants les uns que les autres. Des performances qui ne tiennent qu’à un fil, ou deux, littéralement, sur une surface glissante et traîtresse, n’y a-t-il pas quelque chose d’absolument enchanteur ? De magique, voire féérique à voir les patineurs et patineuses s’élancer sur la glace ? Je n’avais pas pleinement réalisé que tant d’éléments que j’apprécie du patinage artistique m’évoque le monde des fées.

C’est en regardant pour la deuxième fois en deux jours la performance qui a valu l’or au duo japonais Riku Miura et Ryuichi Kihara, les larmes aux yeux, que j’y ai songé. Que de magie ils ont produit sur la glace ce jour-là, par leur présence, leur énergie et leur gestuelle ! De loin une des performances qui m’a marqué le plus. Je l’ai même visionné une troisième fois en la cherchant pour l’inclure dans ce rendez-vous du vendredi des Fées (et encore les larmes aux yeux). Les patineurs et patineuses Japonais ont définitivement été parmi ceux et celles que j’ai le plus apprécié-es suivre cette année, quoi qu’il y a plusieurs Canadien-nes qui se sont démarqué-es aussi, comme Piper Gilles et Paul Poirier en danse sur glace. J’ai d’ailleurs été très heureuse pour leur médaille de bronze cette année. Je me rappelle encore la première fois que j’ai vu Paul Poirier et sa première partenaire, Vanessa Crone, lors des jeux Olympiques de Vancouver 2010, j’avais trouvé leur performance tellement émouvante. À l’époque, ils n’avaient peut-être pas la vitesse des duos en tête, mais ils avaient l’âme de champion-ne, selon moi. Après la troisième participation de Paul avec Piper (2018, 2022, et 2026), quelle joie de les voir s’élever sur le podium.

Olympiques 2010 – Paul Poirier et Vanessa Crone en danse sur glace Crédit : David W. Carmichael – davecskatingphoto.com., CC BY-SA 3.0 http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/, via Wikimedia Commons

Bien sûr, j’ai vécu des déceptions, dont de voir la canadienne Madeline Schizas cumulée les erreurs durant son programme court en compétition individuelle et manqué de quelques centièmes une participation au programme long ou encore de voir s’effondrer Ilia Malinin durant son programme long en compétition individuelle (ce que ses chats devaient être déçus de ne pas avoir de deuxième médaille olympique à croquer). C’est un sport tellement éprouvant et qui demande une précision et une concentration incroyables. La magie des glaces en est une exigeante qui demande d’être nourrie constamment, ce qui la rend si fascinante. Et vous, avez-vous suivi le patinage artistique durant les récents Jeux ? Si oui, qu’est-ce qui vous a marqué ? Qui vous a paru particulièrement féérique ? (À l’heure où je publie, je n’ai pas encore visionné le programme long pour la compétition individuelle des femmes et le gala de clôture, je ne lirai pas vos commentaires tout de suite)

Kaori Sakamoto qui semble flotter au-dessus de la glace durant une de ses pirouettes lors du programme court Femmes individuelles pour la compétition par équipe

C’est encore plus surprenant que je n’ai pas songé avant à lier patinage artistique et fées, surtout qu’une rapide recherche en ligne donne tellement de résultats référant à la magie de la glace, à des fééries sur glace de tout genre et de toute ampleur, dont un gala en décembre dernier à Vaujany qui réunissait des patineurs et patineuses de haut acabit. Cette recherche m’a aussi mené à un film musical des années 30 que je ne me rappelle pas avoir vu, La Féerie de la glace ( en VO The Ice Follies of 1939) et maintenant, je veux trop le voir ! J’adore les comédies musicales de cette époque. Si je le visionne, je vous en reparlerai sûrement.

Stephen Gogolev qui vole durant sa performance extraordinaire du programme long de la compétition individuelle des hommes

Parallèlement, en cherchant une image pour l’image-titre du billet, je suis tombée sur un poème de saison d’un poète que je ne connaissais pas. Il est en anglais, j’ignore s’il a été traduit un jour et je ne m’essaierai pas à traduire un poème. J’ai trouvé la version complète sur Poetry Foundation avec la biographie de l’auteur, Claude McKay, originaire de Jamaïque qui a vécu une partie de sa vie aux États-Unis où il y a écrit le recueil dont ce poème est extrait. On s’éloigne ainsi du patinage artistique pour finir ce Fairy Friday avec un lever de chapeau pour le mois de l’histoire des noirs et un clin d’œil au challenge récurrent d’Enna, l’African American History Month Challenge.


The Snow Fairy

By Claude McKay

     

I

Throughout the afternoon I watched them there,

Snow-fairies falling, falling from the sky,

Whirling fantastic in the misty air,

Contending fierce for space supremacy.

And they flew down a mightier force at night,

As though in heaven there was revolt and riot,

And they, frail things had taken panic flight

Down to the calm earth seeking peace and quiet.

I went to bed and rose at early dawn

To see them huddled together in a heap,

Each merged into the other upon the lawn,

Worn out by the sharp struggle, fast asleep.

The sun shone brightly on them half the day,

By night they stealthily had stol’n away.

    

II

And suddenly my thoughts then turned to you

Who came to me upon a winter’s night,

When snow-sprites round my attic window flew,

Your hair disheveled, eyes aglow with light.

My heart was like the weather when you came,

The wanton winds were blowing loud and long;

But you, with joy and passion all aflame,

You danced and sang a lilting summer song.

I made room for you in my little bed,

Took covers from the closet fresh and warm,

A downful pillow for your scented head,

And lay down with you resting in my arm.

You went with Dawn. You left me ere the day,

The lonely actor of a dreamy play.

Source: Harlem Shadows (1922)

Voilà ce qui clôt ce billet du vendredi des fées le plus féérique de l’année (à quelques lettres près). Sinon, je vous donnerai des nouvelles en détail de Gigi bientôt, mais sachez qu’elle se porte à merveille, et qu’elle se joint à moi pour vous souhaiter un magnifique et enchanteur dernier vendredi de février. Que votre week-end soit lumineux et doux !

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