Graine de Miaougraphie
Plus d’un mois s’est écoulé depuis que nous avons ramené Gigi chez le véto pour qu’on lui retire les points de suture externes et la collerette par la même occasion et je n’ai toujours pas écrit mon retour sur son expérience postopératoire ! Il y a tellement de choses qui bougent ces temps-ci, plus de la fatigue accumulée, quelques nuits d’insomnie et j’ai continué tout le mois de mars à travailler un peu de temps supplémentaire, et ouf ! l’énergie de me poser et mettre en forme mes idées et impressions vacille souvent.
En février, ce qui me tirait le plus de jus était bien sûr, ou du moins, j’imagine sans surprise, la convalescence de Gigi. Celle-ci a été assez différente de celle de Clément. Déjà en partant, la nature de l’opération entre un mâle et une femelle n’est pas la même, le besoin de ménagement et de repos, bien que similaire, est encore plus essentiel pour les femelles où la cicatrice est sur le bas-ventre et le risque de réouverture lors de gestes routiniers comme sauter ou grimper sur son arbre à chat est élevé. Ainsi, nous avons rangé l’arbre à chat dans une pièce fermée. Nous avons aussi opté pour confiner Gigi durant ses premiers jours de retour à la maison. Aucune des pièces avec porte dans l’appartement ne se prêtait vraiment à une convalescence suffisamment sécuritaire (trop de réaménagement requis pour limiter les opportunités de grimper et sauter), nous avons sorti l’enclos avec tunnel qui avait servi lors de son premier voyage hors de la maison, à Noël. Il a été installé dans le salon où le divan-futon a été déplié pour que je lui tienne compagnie durant la nuit.






Gigi n’était pas très heureuse de la situation, quoi que je pense que le port de la collerette la dérangerait plus que le confinement. Nous avons fait de notre mieux pour la traiter aux petits oignons, avec pleins de caresses, des friandises à tous les jours, du brossage avec le gant de toilettage qu’elle adore et juste beaucoup d’attention. Nous nous installions souvent au sol pour être à sa hauteur. Je pense que ça a bien servi de réduire son territoire momentanément. Elle s’est ainsi amplement reposée durant les premiers jours et l’espace réduit semble avoir eu un certain aspect réconfortant pour elle. Elle a pu apprivoiser le déplacement avec le collier Elisabéthain dans un espace limité ce qui fait que lorsqu’elle en est enfin sortie, elle était assez habituée à se déplacer et à percevoir son environnement à travers. Nous avons aussi fait quelques ajustements avant de la laisser sortir pour limiter les opportunités de saut et d’alpinisme félin. La chambre principale lui est restée inaccessible pendant plusieurs jours encore, presque jusqu’à la fin de sa convalescence, notre lit étant vraiment haut. J’ai dormi dans le salon avec elle jusqu’à la fin de sa convalescence. Le futon-lit est moins haut que notre lit, néanmoins, il était quand même un peu haut, alors, je lui avais installé des petites marches des deux côtés du futon et elle les a adoptées assez vite. Nous avons rangé ou bloqué son accès aux autres meubles sur lesquels elle pouvait sauter, comme le pouf bleu, trône de son grand frère.
Au niveau des jeux aussi, nous avons modifié notre approche. Les premiers jours, nous n’encouragions nullement le jeu, comme le repos était de mise. Puis, nous avons réintroduit des jeux modérés. Dans son enclos, par hasard, j’ai découvert qu’un crayon pouvait être le meilleur jouet pour chat qu’il y a, en tout cas, pour notre princesse des bois. Je le posais sous ou sur le tunnel, et elle essayait de l’attraper, le poussant et repoussant sans cesse. Lorsqu’il était repoussé trop loin, je le rapprochais du tunnel, un peu plus loin d’elle. Elle avait quelques jouets dans son enclos dont une balle et son ami peluche Grim qui l’avait aussi accompagné à la clinique vétérinaire pour sa nuit sans nous. Grim, c’est son jumeau version peluche, encore plus que Clément II ne l’a été pour Clément, sauf qu’au contraire de Clément II, Grim est arrivé dans notre foyer avant la naissance de Gigi, et même bien avant la mort de Clément. Quoi qu’il n’a jamais été tout à fait un membre de la cour de Clément, plus un voyageur qui passait de temps en temps. Bref, je reviendrai là-dessus plus en détails plus tard. Elle aime bien jouer avec Grim et elle le faisait un peu dans son enclos. Elle semblait surtout apprécier sa présence se couchant souvent proche de lui.
Une fois qu’elle a commencé à sortir de l’enclos durant le jour, le type de jouet auquel elle avait accès était encore limitée. Pas de rubans, cordelettes et autres ficelles qui pourraient la faire sauter dans les airs, pas de balles qui roulent trop vite, ce qui la pousseraient à sprinter d’un bout à l’autre de l’appartement. Elle avait ses petits amis pelucheux, quelques balles plus lourdes ou légères qui ne roulent pas très loin, et pas très vites, et bien sûr, crayons et stylos qui encore maintenant, font partie de sa routine de jeu. Après le retrait de ses points de suture et de la collerette, Gigi a repris les jeux un peu plus actifs, mais progressivement. En partie, c’étaient encore nous qui la limitions, malgré qu’elle s’est elle-même limitée aussi, probablement un mélange de reprendre ses repères, de retrouver son équilibre sans le collier encombrant et aussi de réchauffer ses muscles quelque peu assoupis. Nous n’avons pas immédiatement sorti l’arbre à chat, question de nous assurer qu’elle était bien remise. Le jour où l’arbre de chat est réapparu, que notre princesse des bois était heureuse !




Ainsi, Gigi a bien guéri. Je suis contente de constater qu’elle ne semble pas conserver de sensibilité autour de la zone de la cicatrice et qu’elle semble s’être bien remise du traumatisme de toute l’expérience, bien qu’elle a eu un petit pic d’anxiété dans les semaines suivant l’opération, même après le retrait des points de suture et du collier. Le tout semble s’être résorbé. D’ailleurs, durant sa convalescence, nous avons découvert quelque chose qui semble l’apaiser : les sons d’ambiance de forêt, d’oiseaux et de rivières qui coulent doucement avec ou sans musique ambiante. Je ne sais pas pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt ! On peut sortir le chat du bois, mais pas le bois du chat. De cette façon, Gigi et moi nous nous sommes endormies plus d’une fois aux doux sons de canal du genre Stingray Nature. En fait, la trame sonore de sa convalescence était composé de Stingray Nature et des jeux Olympiques ! Depuis cette période, je lui mets souvent ce type d’ambiance sonore, préférablement sans stimuli visuel, pendant que je travaille à la maison ou quand nous la laissons seule pour quelques heures.
J’avais un peu peur qu’elle nous en veuille pour toute la situation opératoire et postopératoire, mais au contraire, elle est venue chercher tout le réconfort et la sécurité dont elle avait besoin près de nous tout de suite. D’ailleurs, en préparant le billet d’élégance féline sur cet accessoire inconfortable, je me suis rendue compte que Clément et Gigi ont réagi de façon assez semblable après leur opération, juste à comparer ces deux photos ci-dessous pour le voir. Clément est couché entre mes jambes, et Gigi sur mes jambes, tout deux venant chercher du réconfort auprès de moi. C’est un détail que j’avais oublié pour Clément, comment il avait été colleux après son opération et son séjour d’une nuit à la clinique vétérinaire. Dans le cas de Gigi, cette même réaction était moins surprenante, car elle était déjà très affectueuse avant l’opération. Clément, lui, ne l’était pas. Cette période-là de sa jeunesse a été l’une de celles où il recherchait autant d’attention et de câlins. Pour un chat, il n’y a pas vraiment de plus grande marque de confiance et d’affection que de venir chercher ce réconfort-là auprès de ses humains durant une période où ils sont si vulnérables ! Je me sens bénie et privilégiée de connaître ce type de relation avec mes deux chatons, chacun en leur temps.






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