Défi culturel/International Fairy Day
Non non, je n’ai pas appuyé trop vite sur le bouton Publier cette semaine ! Il n’y aura pas de Fairy Friday en juin cette année, puisqu’à la place je souligne pour la première fois proprement la journée internationale des Fées qui a lieu aujourd’hui, le 24 juin. Ça m’aura seulement pris trois ans pour le faire… et ça m’aura pris autant de temps pour aborder le sujet de ce billet spécial journée internationale des Fées.
En effet, ce que je vous ai préparé, je l’ai dans mes cartons depuis quelque part en 2023, assez tôt il me semble. Ça tombe bien d’en parler maintenant, pour un 24 juin, comme juin est aussi le Mois anglais et ce sujet, c’est les fameuses photos des fées et gnomes de Cottingley, anciennement dans la campagne anglaise, maintenant dans la banlieue de Bradford. Pour vous situer, c’est dans le nord de l’Angleterre, dans le Yorkshire, tout près de Leeds. C’est dans ce coin encore paisible et bucolique en 1917 que deux jeunes filles affirment avoir pris en photo à plus d’une reprise des êtres féériques.

Le contexte est simple : les deux cousines racontent qu’elles jouent avec des fées, leurs parents mettent en doute leur parole. Le père, un photographe amateur avec sa propre chambre noire, remet à la plus âgée sa caméra et la défit de ramener une preuve de l’existence de leurs fées. C’est lui-même qui développe les plaques prises et ce qu’il y trouve le laisse bouche bée. La photo ci-dessus est une des premières photos prises par Elsie Wright et Frances Griffiths. Si la mère d’Elsie n’avait pas été impliquée dans le mouvement théosophique, cela serait sûrement resté confiné à leur cercle familial, mais un des membres de la société, Edward Gardner, s’emballe. Après les avoir fait authentifié par un expert en photographie qui, sans se prononcer sur l’existence réelle des fées, pouvait affirmer que la photo n’avait pas été manipulée après l’exposition initiale de la plaque, les inclut dans ses présentations et en imprime pour distribution. Ce qui les amène à un autre Anglais célèbre qui s’intéressait énormément au paranormal et aux choses inexpliquées, nul autre que Sir Arthur Conan Doyle qui a son tour demande la permission d’utiliser les images, les consacrant rapidement dans l’imaginaire britannique.
Sir Conan Doyle a même fourni une nouvelle caméra avec des plaques discrètement numérotées pour éviter la falsification pour que les jeunes filles photographient à nouveau leurs ami-es fantastiques, ce qu’elles firent à quelques reprises. Depuis que les images circulent, beaucoup d’experts se sont penchés sur la question et personne ne pouvait clairement démontrer la supercherie. Dans un documentaire de la BBC de 1976, presque 60 ans plus tard, on s’interrogeait encore sur le phénomène pendant que l’animateur retourne visiter les lieux avec Elsie, qui racontait encore la même histoire. J’ai trouvé ce court documentaire sur Youtube et vous pouvez y voir, en plus d’une petite mise en scène dramatique, toutes les photos prises par les deux cousines. Je vous invite aussi à écouter Elsie se « remémorer » sa rencontre avec le gnome de la deuxième photo.
En fait, ce n’est qu’en 1983 que sa cousine Frances, sa cadette de quelques années, avoue la fraude, du moins pour la plupart des photos. Elle a maintenu toute sa vie que la dernière prise, en 1920, « Fairies and their Sunbath » était bien réelle. Probablement que personne n’aura le fin mot de l’histoire, quoi que plusieurs s’y essayent comme elle continue à faire couler l’encre plus d’un siècle plus tard et aussi, à créer de l’envie. Un set des cinq photos a récemment été mis aux encans et vendu pour 3 100 livres sterling ! Si jamais vous tomber sur un set complet d’époque de ces photos, gardez-les précieusement, elles valent encore leur pesant d’or. Il va sans dire que beaucoup de gens ont trouvé dans ces photos la confirmation inespérée ou espérée d’un monde magique existant à nos côtés. Ce n’est pas surprenant que ces photos et leur histoire continuent de fasciner. D’ailleurs, Elsie, Frances et les fées de Cottingley ont inspiré un film, Fairy Tale : A True Story (1997), nombre d’essais, de romans et d’ouvrages graphiques, et d’expositions. Parmi les livres, j’en ai un dans ma PAL pour ce mois anglais, un album jeunesse The Cottingley Fairies d’Ana Sender (2019). Je vais peut-être le lire pour la journée internationale des Fées. Je constate en préparant ce billet qu’une très belle BD a été publiée chez Soleil en 2016 sous le titre Les fées de Cottingley, scénarisé par Sébastien Perez et illustré par Sophie La Villefromoit. J’aimerais bien lui mettre la main dessus. Je serais curieuse de lire un des essais de Sir Arthur Conan Doyle sur le sujet.
Le film mentionné ci-dessus et dont j’ai trouvé une bande-annonce en version originale me tente beaucoup également. Je l’avais repéré justement en 2023 ou 2024 en cherchant des idées de films ou de séries portant sur les fées. Si je le visionne, je vous en donnerai des nouvelles, c’est sûr ! Voilà quelques pistes si vous voulez également souligner de votre côté la journée internationale des Fées. Il y en a aussi beaucoup d’autres sous mes précédents Fairy Friday.
Là-dessus, Gigi et moi vous souhaitons une journée internationale des Fées des plus merveilleuses et rafraîchissante (pour ceux et celles qui vivent un début d’été caniculaire).


Quelques autres sources sur lesquelles je me suis appuyées et qui peuvent permettre d’aller un peu plus loin :



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