Fairy Friday
Aujourd’hui marque une première, je crois bien, car je vous présente un vendredi des Fées à saveur plutôt locale et urbaine pour le dernier vendredi de juillet qui est aussi, vous verrez, c’est lié, le dernier vendredi des vacances de la construction au Québec !! Et oui, j’ai récemment croisé la route sur les interwebs d’une fée-artiste montréalaise, son petit nom @la_fee_des_trottoirs. C’est grâce à une autre icône montréalaise que j’ai appris son existence (le sympathique cône orange Ponto d’une série de webtoon du même nom que j’affectionne beaucoup).
Laurence Petit alias la fée des trottoirs manie les morceaux de porcelaine de vaisselle pour en faire des mosaïques depuis plusieurs années, mais c’est durant la pandémie qu’elle a commencé à s’adonner à l’art du flacking. Cette approche dont l’artiste initiateur semble être Ememen basé à Lyon en France consiste à réparer par l’art de la mosaïque les nids-de-poule et les craques sur les façades. Une façon unique d’embellir les défauts de l’environnement urbain, d’investir d’un peu de magie colorée l’espace public ! Et bon, Montréal est réputée pour ses infrastructures vieillissantes parfois prématurément dû aux hivers québécois, constituant ainsi une toile de prédilection pour se lancer dans le flacking, ce que Laurence Petit fait dans son arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve et ailleurs parfois aussi sur l’île ainsi que hors de l’île de Montréal (Gatineau et Québec entre autres). Elle le fait en toute légalité, avec la permission des autorités régissant les lieux publics visés.

Ce qui est drôlement approprié, c’est que je l’aie découvert par un partage de Ponto, ce petit cône qui s’est entraîné quelques ennuis dans le premier tome de ses aventures à Montréal après avoir voulu aider encore plus sa ville d’adoption en réparant un nid-de-poule !! La même action que la fée des trottoirs, mais dans un contexte totalement inversé. Cela me fait penser qu’en préparant la base de ce vendredi des Fées, je me suis rendue compte que la façon qu’a Tania Mignacca de personnifier les cônes et le mobilier urbain dans son webtoon Ponto a quelque chose de magique. On pourrait appeler ça une représentation post-industriel du Petit Peuple, non ? De quoi mijoter un peu cet été…

Pour en revenir à notre fée du mois, Laurence Petit a également fait une résidence artistique à l’Insectarium de Montréal l’été dernier. Je suis tombée sur le court vidéo ci-dessous qui présente la synthèse de cette résidence ; de son inspiration sur place à la conception puis l’installation de ses mosaïques. Quoi qu’on ne voit pas tant de son processus créatif même dans cette vidéo, ça donne un chouette aperçu de sa personnalité et de son approche. Une chose qui n’y est pas mentionnée et dont je n’ai pas trouvé de réponse pour l’instant, c’est l’origine du nom La fée des trottoirs. Peut-être que c’est expliqué dans le livre qui vient d’être publié sur sa démarche de flacking, La fée des trottoirs, écrit par Lise Salvail. Malheureusement, je ne sais pas où me procurer une copie. Je pense qu’il est auto-édité. Si vous savez où le trouver, ça m’intéresse !
J’ai toutefois trouvé une carte de ses « pansements de trottoir », qui n’est pas à jour cependant, comme elle date de 2025. Les oeuvres dont je partage les images dans ce billet semblent plus récentes et ne figurent donc sûrement pas dessus. Je crois bien qu’il existe des cartes plus à jour, comme il y en avait de disponible apparemment lors du lancement du livre en mai dernier… N’en ayant d’autres sur la main à ce moment-ci, je vous partage au moins celle un peu plus ancienne que j’ai trouvé. Cette carte serait tout de même un bon début pour découvrir son art en personne, car oui, ses mosaïques survivent aux hivers québécois, en général. La fée des trottoirs, avant de se lancer dans cette magique entreprise, s’est renseigné auprès d’un ingénieur pour adapter ses techniques aux contraintes environnementales locales.



Moi-même, je n’ai pas eu la chance encore de voir en vrai les œuvres de la Fée des trottoirs. J’espère bien le faire lors de ma prochaine visite à Montréal, Québec (une carte et un aperçu de ses mosaïques à Québec se trouvent dans ce bref reportage vidéo) ou Gatineau, quoi que j’aimerais aussi voir ses autres œuvres dont ses sculptures en Beauce. Je pense les avoir aperçus une fois de loin, en passant dans le coin en voiture. J’aimerais m’en rapprocher plus la prochaine fois. Ainsi, les photos que je vous partage ci-présent ne sont pas de moi. Elles proviennent majoritairement des réseaux sociaux de l’artiste ainsi que d’articles de presse. Par ailleurs, je suis sûre que vous comprendrez tout de suite pourquoi j’ai choisi certaines… Je vous invite définitivement à découvrir plus de ses œuvres à partir du site Web de son atelier, Gogofrisette (lien ci-dessous), et de ses réseaux sociaux (Facebook et Instagram) et à partager vos préférés.
Surtout, prêtez attention aux présentations de chacune de ses créations, comme Laurence nomme chacune en incluant une petite description. Par exemple, la chatte-sirène dont j’ai inclus une photo ci-dessus s’appelle Fabiola et elle surfe la vague au parc Joseph-Paré. Elle aime entre autres les histoires qui finissent en queue de poisson et n’aime pas les bouchons de cire dans les oreilles. L’univers de la fée des trottoirs est très fouillé ! J’espère que comme moi, vous êtes charmé-es par les créations de la Fée du trottoir et que cette introduction vous a plu. Sur ce, je vous souhaite que ce dernier vendredi du mois soit enchanté.

Petite note explicative sur les vacances de la construction au Québec, extrait de la CCQ (https://www.ccq.org/fr-CA/avantages-sociaux/dates-conges-vacances) :
Devenues officielles en 1970 par un décret gouvernemental, les fameuses « vacances de la construction » seront inscrites à l’intérieur des conditions de travail qu’employeurs et travailleurs* ont convenues. C’est à l’été 1971 qu’elles prennent effet pour la première fois au Québec.
Durant cette période estivale, on estime qu’environ le quart de la main-d’œuvre active du Québec prend aussi ses vacances. Ainsi, pendant plus de 35 ans, les deux dernières semaines complètes (dimanche à samedi) de juillet marquaient les vacances de la construction. La tradition a été légèrement modifiée depuis 2008.
*de l’industrie de la construction




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